Mémoire Désir

Karen Swami

Karen Swami

Karen Swami joue avec la matière, la flamme, les oxydes et pousse à bout les savoir-faire; se confrontant au grès et à la faïence elle simplifie les volumes et sublime la couleur. Le pot devient un objet d’art, fragile, unique, imposant.

Si les vases étrusques l’inspirent, il se dégage de son travail du mystère, de beaux jeux d’ombres, de la modernité et des lignes parfaites. Alors on comprendra sa devise « la pensée crée la matière».

Dans la tradition occidentale, lorsqu’une céramique est fissurée elle est mise au rebus. Certaines fissures ont cependant un dessin singulier et harmonieux. Karen Swami poursuit le travail en les réparant à la laque végétale (urushi), saupoudrée d’or pur (kintsugi) ou d’argent, ou encore d’étain. Au lieu d’être cachée ou maquillée, la faiblesse est alors valorisée.

La pièce est tournée, puis encore crue, polie de longues heures avec une agate. Elle est ensuite cuite une première fois dans un four électrique. Réchauffée à nouveau, la pièce est sortie du four à 800/900°C et plongée dans un fut rempli de sciure de bois. Au contact de la céramique incandescente, la sciure s’enflamme, génère de la fumée qui va «pénétrer» dans l’argile.

Il s’agit pour la céramiste de jouer avec le temps d’exposition à l’air et de créer une atmosphère pauvre en oxygène en recouvrant le fut et les flammes d’un couvercle afin d’influer sur l’aspect final de la pièce et sur la densité de l’enfumage.